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Lettre à
Anne-Marie Lizin,
Présidente du Sénat
Madame la présidente,
Fils de votre ancien collègue Fernand Delmotte,
j'ai longtemps soutenu, voire admiré vos combats, non seulement
pour les valeurs qu'ils illustraient, mais pour le contexte ardu dans
lequel ils s'inscrivaient : le lourd machisme de l'appareil du Parti
et le ricanements des brontosaures. Vous êtes une femme intelligente
et courageuse.
Je n'en suis que plus consterné par votre attitude et vos propos
lors de l'émission « Controverse » consacrée
au Prince Laurent. Face aux champions de la génuflexion monarchique
(Dedecker, Delpérée, Cannuyer, Balasse, etc.), vous avez
laissé bien seule Nadia Geerts, présidente du Cercle Républicain
dont je m'honore de faire partie, défendre brillamment des idéaux
que vous devriez partager. Vous êtes même allée jusqu'à
évoquer avec attendrissement les compétences émouvantes
des trois-petits-princes-sénateurs. J'en ai eu honte pour vous
et ce qu'est devenu, sur ce plan, le P.S.
Certes, la courtisanerie sans cesse plus écoeurante d'Elio Di
Rupo et de Laurette Onkelinx vis-à-vis de la famille royale aurait
dû me préparer à cette déception.
Mais j'ai pensé aux paroles de l'Internationale (Les Rois nous
soûlaient de fumées) ; j'ai pensé à Alfred
Defuisseaux, Président de la Fédération boraine
et Républicaine du P.O.B. ; j'ai pensé à mes deux
grands-pères qui ont subi les pires ennuis pour avoir crié
« Vive la République ! » dans les carrières
de Lessines où ils étaient ouvriers dans les années
20 et 30 ; j'ai pensé aux quatre assassinés de Grace-Berleur
; et j'ai pensé . à moi, présent sur la grand-place
de Lessines, en juillet 50 et écoutant mon père évoquant
dans un micro la poignée de mains Léopold III-Hitler à
Berchtesgaden : j'avais 4 ans.
L'estime que je vous porte m'autorise à vous formuler toute ma
colère pour cette perte affligeante de toute référence
à l'idéal socialiste.
Francis Delmotte
7000 Mons
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